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La marocanité du caftan: quand un vêtement déclenche un sommet mondial.

Par Reghai Yasmina

Il fallait bien qu’un jour ça arrive: le monde, oui, le vrai, celui qui s’ennuie en réunions du Conseil de sécurité, a décidé de débattre d’un sujet hautement stratégique: la marocanité du caftan.

Oui, ce vêtement fluide, élégant, parfois tellement chargé de broderies qu’on pourrait capter la 5G avec… fait trembler la communauté internationale.

À l’UNESCO, on s’attendait à parler changements climatiques, migrations, langues en voie de disparition. Mais non: cette semaine, c’est “Caftan vs le reste du monde”.

On dit même que certains diplomates ont googlé “différence entre kaftan, caftan, qeftan et robe de plage Zara” en douce entre deux séances plénières. Tragique.

La marocanité, une affaire (très) sérieuse
Chez nous, le caftan, c’est un patrimoine. Une identité. Un héritage. Une déclaration d’amour brodée fil d’or.
Alors évidemment, quand certains voisins ou lointains cousins culturels viennent dire :
“Mais attendez, nous aussi on a un caftan !” Le Maroc sort sa loupe historique, ses manuscrits du XIIe siècle et parfois sa patience (mais ça, c’est rare).

Et là, commence un débat mondial… sur une robe. Pendant ce temps, l’humanité continue de courir vers la catastrophe, mais au moins, nos diplomates sont bien habillés.

L’UNESCO, ce théâtre d’élégance involontaire
Il paraît que la salle a atteint un niveau de tension digne d’une finale de Coupe du Monde :
“Ce caftan est marocain.”, “Non, il est un peu à nous.”, “Non., “Si.”, “Non., “Si.”
La civilisation est réellement à son apogée. Un observateur aurait même murmuré:
“Si seulement les États se battaient pour protéger leurs forêts comme ils se battent pour une coupe brodée…” Quel naïf !

Yasmina Reghai
Yasmina Reghai
Mais au fond, pourquoi tout ce bruit ?
Parce que le caftan marocain, c’est plus qu’un vêtement. C’est une mémoire, une signature, un art, un savoir-faire transmis de mère en fille, d’artisane en artisane. Il mérite mille fois son classement comme patrimoine culturel vivant.

Et puis, honnêtement, si l’UNESCO commence à valider ce que tout le monde sait déjà… eh bien, ce n’est que justice. Nous, on respecte la diplomatie : on ne dira pas que c’est “trop tard”, mais bon… on y pense très fort.

Quoi qu’il en soit…
Le caftan continuera de trôner dans nos cérémonies, nos défilés, nos rêves de petites filles et nos souvenirs familiaux. Et si un jour il fallait faire un référendum mondial pour trancher…
Eh bien, que les autres viennent avec leurs arguments. Nous, on viendra avec nos caftans.
Et croyez-moi : c’est déjà gagné.

Votre chroniqueuse qui brode, pique, mais toujours avec élégance.

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