
Par Reghai Yasmina
Derrière le record touristique, un pays devenu scène, carrefour et récit vivant.
19,8 millions de touristes en 2025.
Un record historique. Un chiffre rondement applaudi, repris, commenté. Le Maroc frôle le seuil symbolique des 20 millions de visiteurs et s’installe durablement sur la carte des grandes destinations mondiales.
Mais un pays ne se résume jamais à un volume. Car ce que le Maroc accueille aujourd’hui, ce ne sont pas seulement des voyageurs.
Ce sont des peuples, des récits, des identités en mouvement. Des voix qui arrivent avec leurs langues, leurs rythmes, leurs émotions. Des corps qui portent des histoires avant même de porter des valises.
Et avec l’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations, le Royaume change d’échelle. Il ne reçoit pas uniquement une compétition sportive. Il devient un espace de narration collective. Un lieu où les nations se racontent autrement que par les mots officiels.
Dans les stades, bien sûr.
Mais aussi dans les rues, les cafés, les hôtels, les places publiques.
Les peuples parlent à travers leurs habits, leurs hymnes chantés comme des prières, leurs supporters qui transforment chaque déplacement en acte de fierté. Le football sert de prétexte. Ce qui se joue est plus profond: la mémoire, l’appartenance, la reconnaissance.
19,8 millions de visiteurs, oui.
Mais surtout des millions de rencontres possibles. Des croisements d’histoires qui font du territoire un lieu vécu, et non consommé.
Plus que le sport, plus que les chiffres, c’est cela qui est en jeu :
un pays qui accepte d’être traversé par le monde, et qui, ce faisant, raconte aussi le sien.
Votre chroniqueuse, qui regarde les peuples avant de compter les flux.




