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Élection des représentants des journalistes au CNP à Casablanca, une forte mobilisation mise à l’épreuve par l’attente

Ils sont venus nombreux pour exercer leur droit de vote et choisir leurs représentants au Conseil national de la presse. À Casablanca, cette mobilisation a cependant été accompagnée de longues files d’attente et de conditions d’accueil difficiles pour certains électeurs. Une situation qui n’a pas empêché les journalistes de faire preuve de patience, mais qui soulève des interrogations sur l’organisation matérielle du scrutin.

Casablanca, 15 septembre 2026. Ce mardi, les journalistes professionnels marocains étaient appelés aux urnes pour élire leurs représentants au Conseil national de la presse (CNP). Une échéance importante pour la profession, puisqu’elle doit permettre aux journalistes de choisir ceux qui les représenteront au sein de leur instance d’autorégulation. A Casablanca, les électeurs ont répondu présents, parfois en nombre important , mais pour beaucoup d’entre eux, participer au scrutin aura aussi signifié patienter longuement avant de pouvoir accéder au bureau de vote.

Au 42, avenue de l’Armée royale, où était installé le bureau de vote de Casablanca, l’affluence s’est rapidement fait sentir, le bureau, situé au cinquième étage, a vu converger de nombreux journalistes venus accomplir leur devoir électoral. Une longue file s’est alors formée dans le bâtiment, remontant du rez de chaussée jusqu’au cinquième étage. Dans les escaliers, les journalistes attendaient leur tour, parfois debout pendant de longues périodes.

Pour certains électeurs, l’attente a atteint près de trois heures, la situation était d’autant plus éprouvante que les possibilités de s’asseoir étaient très limitées et que la chaleur rendait l’attente plus difficile. Aucun dispositif apparent ne semblait avoir été prévu pour permettre aux personnes présentes de patienter dans de meilleures conditions, notamment en matière d’accès à l’eau.

Pour autant, malgré cette attente prolongée, les journalistes ont, dans leur grande majorité, continué à patienter dans le calme. Ils étaient venus pour voter et semblaient déterminés à aller jusqu’au bout de leur démarche. Cette patience constitue l’une des images fortes de cette journée, celle d’une profession mobilisée, acceptant les contraintes du moment pour participer à un scrutin qui concerne directement son avenir et sa représentation.

Sur place, certains journalistes ont toutefois fait part de leur déception face aux conditions d’accueil. Deux professionnels présents dans la file ont notamment exprimé une remarque similaire, estimant que les journalistes ne devraient pas être confrontés à de telles conditions lorsqu’ils viennent exercer leur droit de vote. Leur réaction renvoie à une attente simple, pouvoir participer à un rendez vous électoral important dans des conditions à la hauteur de l’importance de la démarche.

Cette remarque mérite d’être entendue sans pour autant remettre en cause le déroulement du vote lui même. Il ne s’agit pas ici de mettre en cause la volonté des organisateurs ni d’attribuer une quelconque intention, il s’agit simplement de constater que l’affluence observée à Casablanca a mis le dispositif d’accueil à rude épreuve et que des améliorations pourraient être envisagées pour de prochaines échéances.

Autre observation faite sur place, certains électeurs semblaient pouvoir accéder au bureau sans suivre l’intégralité de la file d’attente. Il peut naturellement exister des situations justifiant un accès prioritaire, notamment pour les personnes âgées ou celles dont la situation particulière nécessite d’éviter une attente prolongée. Mais lorsque des personnes qui ne semblent pas relever de ces exceptions passent devant d’autres électeurs ayant déjà attendu longtemps, cela peut susciter des interrogations et un sentiment d’inégalité chez ceux qui patientent.

Dans un processus électoral, la perception d’un traitement équitable est importante, une organisation claire des files et une communication visible sur les éventuelles priorités peuvent contribuer à éviter les incompréhensions et à préserver la sérénité du scrutin. Il serait toutefois réducteur de résumer cette journée aux seules difficultés rencontrées, car ce qui ressort également de cette élection à Casablanca, c’est la mobilisation des journalistes. Ils étaient là, ils ont attendu, ils ont fait preuve de patience et, malgré les conditions parfois difficiles, ils ont continué à participer au processus.

Cette mobilisation est d’autant plus significative que le scrutin concerne la représentation des journalistes professionnels au sein du Conseil national de la presse, dans le cadre de la nouvelle organisation de cette instance. À l’échelle nationale, plusieurs milliers de professionnels étaient appelés à prendre part au vote. Dans ce contexte, la capacité du dispositif à absorber l’affluence constitue nécessairement un élément important de la réussite de l’opération.

La journée de Casablanca rappelle ainsi que l’organisation matérielle d’une élection ne se limite pas à la mise en place d’une urne et d’un espace de vote, elle concerne également l’accueil des électeurs, la gestion des files, l’information des participants et les conditions dans lesquelles chacun peut exercer son droit de vote. Un espace mieux adapté, une gestion plus fluide des flux ou encore des dispositions permettant de rendre l’attente plus supportable pourraient, à l’avenir, contribuer à améliorer l’expérience des électeurs, particulièrement lorsque l’affluence dépasse les prévisions.

A Casablanca et au terme de cette journée, les journalistes ont accompli leur devoir électoral. Certains après quelques minutes, d’autres après une longue attente. Ils l’ont fait dans le calme, avec patience et, pour beaucoup, avec le sentiment que leur participation était plus importante que les difficultés rencontrées.

Le scrutin a ainsi montré une profession mobilisée, il aura également rappelé que, lorsqu’une telle mobilisation est au rendez vous, l’organisation doit pouvoir être à la hauteur de l’engagement de ceux qui participent.

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