
Le Maroc gagne sans bruit et fait entendre l’essentiel
Il y a des victoires qui font du bruit, et d’autres qui font date.. Le soir du Vendredi 09 Janvier 2026, le Maroc a choisi la seconde voie.
MANAL RMILI
Le score est sans appel : 2 – 0 ; mais réduire ce Maroc–Cameroun à un simple résultat serait une erreur. Car ce match n’a pas été une démonstration de force brute, ni une revanche criante, ni un moment d’arrogance. Il a été une leçon. Une leçon de football, de comportement et de maturité sportive.
Dans un contexte où le football africain est parfois parasité par des débordements — insultes, provocations, gestes déplacés, préjugés envers l’autre, parfois même envers le pays organisateur le Maroc a montré qu’il existe une autre manière de gagner, sans salir, sans humilier, sans provoquer, sans violence, ni dans les gestes, ni dans les mots.
Face au Cameroun, le défi était immense. On ne parle pas d’une équipe ordinaire, mais d’un monument du football africain. Une sélection riche d’une histoire prestigieuse, de multiples trophées en Coupe d’Afrique des Nations, d’un potentiel toujours redoutable. Le Cameroun est une équipe qui impose naturellement le respect, par son passé comme par son identité. Le battre n’est jamais anodin. Le battre avec dignité l’est encore moins.
Dès le coup d’envoi, le Maroc a imposé un tempo clair, organisation, discipline, solidarité. Le jeu était lisible, fluide, presque transparent. Rien de brouillon, rien de provocateur. Chaque action semblait pensée, chaque déplacement mesuré. Une équipe concentrée, qui n’avait pas besoin d’écraser pour dominer.
Cette philosophie porte un nom Walid Regragui, le sélectionneur marocain l’avait affirmé avant le match, l’humilité serait la clé. Non pas une humilité de façade, mais une humilité profonde celle qui consiste à respecter l’adversaire, à ne jamais se croire au-dessus du jeu, à laisser le football parler plutôt que l’ego.
Et cette humilité s’est vue partout, dans les duels propres, dans l’absence totale d’insultes, dans les célébrations sobres et dans le refus de toute provocation inutile. Le Maroc n’a jamais cherché à montrer sa puissance, il n’en avait pas besoin, sa puissance s’est exprimée dans la maîtrise, dans le collectif, dans la justesse.

Les deux buts marqués ne sont pas venus d’un excès de violence ou d’une volonté d’humilier. Ils sont venus d’un travail construit, patient, collectif. Une victoire nette, mais jamais méprisante. Une victoire qui respecte le jeu et ceux qui le jouent.
فرحة التأهل إلى نصف النهائي 🤩
Pride & joy after securing the Semi-Finals! 🦁#DimaMaghrib 🇲🇦 pic.twitter.com/tBY90OvEvB
— Équipe du Maroc (@EnMaroc) January 9, 2026
Pour le public marocain, cette qualification a une résonance particulière. Pendant des années, les demi-finales de la Coupe d’Afrique des Nations semblaient hors de portée. L’attente s’est prolongée, parfois douloureuse, souvent frustrante. Mais jamais la foi n’a disparu. Ce soir, cette patience a trouvé sa récompense,
est ce qui rend ce moment encore plus fort, c’est la manière. Le Maroc n’a blessé personne, il n’a insulté personne, il n’a nourri aucun préjugé, il n’a pas eu besoin de gestes déplacés, ni de démonstrations de force agressives. Il a simplement joué et en jouant ainsi, il a rappelé une vérité essentielle, le sport n’est pas là pour diviser, mais pour rassembler.
Respect au Cameroun, pour sa grandeur, son héritage et son histoire incomparable dans la CAN. Mais ce soir, le Maroc a écrit une page importante de son propre parcours. Une page faite de calme, de cohésion et de maturité.
Car parfois, les plus grandes victoires ne sont pas celles qui font trembler les stades.
Ce sont celles qui réconcilient le football avec ses valeurs.




