
Par Reghai Yasmina
Il faut commencer par rendre à César ce qui appartient à Rabat.
Organisation millimétrée, stades impeccables, logistique fluide, accueil digne des grandes compétitions internationales : le Maroc a offert à la CAN 2025 une mise en scène exemplaire, presque trop parfaite pour ce qu’elle a ensuite révélé des comportements humains.
Le décor était somptueux.
Le spectacle, lui, parfois embarrassant. Car pendant que le pays hôte déroulait un professionnalisme sans faille, sur le terrain et autour, certains ont semblé confondre compétition sportive et défouloir identitaire. Le fair-play, pourtant invité d’honneur, a souvent été prié de se taire.
Le point d’orgue ? Cette finale qui aurait dû rester dans les mémoires pour le football et qui y restera aussi pour autre chose.
Une scène surréaliste : l’équipe du Sénégal quittant le terrain, sur instruction de son coach, en pleine contestation, défiant ostensiblement les consignes de l’arbitre.
Un geste fort, diront certains.
Un geste surtout lourd de symboles.
Ironie cruelle : dans une compétition célébrant l’unité africaine, cette sortie a résonné comme une rupture. Non pas avec l’adversaire, mais avec l’esprit même du sport. Celui qui impose d’accepter l’erreur humaine, l’injustice parfois, et surtout l’autorité du jeu.
Pendant ce temps-là, les plateaux télé s’enflammaient, les réseaux sociaux dérapaient, et la haine circulait plus vite que le ballon. Certains peuples ont été pris pour cibles, caricaturés, insultés, comme si un match suffisait à réactiver des mépris ancestraux.
Le Maroc, lui, est resté debout.
Digne dans l’organisation.
Silencieux face aux provocations.
Professionnel jusqu’au bout.
Et c’est peut-être là le contraste le plus frappant de cette CAN : un pays hôte irréprochable face à des comportements parfois indignes de l’événement qu’il accueillait.
Le football n’a pas besoin de cris pour être grand.
Il n’a pas besoin de sorties théâtrales pour être juste.
Il a besoin de règles respectées surtout quand elles dérangent.
La CAN 2025 restera donc comme une réussite logistique marocaine éclatante… et comme un rappel brutal que le fair-play n’est pas un slogan, mais une discipline.
Une discipline que certains ont encore à apprendre.
Votre chroniqueuse,
qui applaudit l’excellence quand elle est là,
et qui refuse d’applaudir la haine même sous couvert de passion.




