
Par Reghai Yasmina
Le Maroc avance. Parfois sous la pluie, parfois sous les écrans. Février 2026 n’a rien d’un mois flamboyant. Il est révélateur. Les crues récentes ont rappelé une vérité simple : le climat ne négocie pas. Les terres inondées, les infrastructures fragilisées, les familles contraintes de s’adapter dessinent un pays confronté à une nouvelle normalité. La résilience n’est plus un mot institutionnel. Elle devient une nécessité quotidienne.
Et pendant que certaines régions réparent, d’autres projettent. Le numérique, lui, n’attend pas que le ciel s’éclaircisse. L’appel à candidatures du Lab Digital Maroc 2026 symbolise cette volonté d’anticiper plutôt que subir. Former, incuber, accélérer. Encourager les jeunes talents à penser solutions plutôt que problèmes. Le Maroc ne veut plus seulement s’adapter aux transformations mondiales ; il veut en être un acteur.
Deux temporalités cohabitent. L’urgence et la projection. Et c’est peut-être cela, la vraie transition. Pas un basculement brutal. Mais un apprentissage de l’équilibre. Comment investir dans l’intelligence artificielle tout en renforçant la gestion des risques climatiques ? Comment parler innovation dans un contexte où certaines priorités restent vitales ?
Le Maroc de 2026 ne cherche plus à choisir entre modernité et résilience. Il apprend à conjuguer les deux.
Ni triomphant. Ni en crise permanente. En mouvement.
Et si la transition n’était pas un slogan, mais un état ?
Un pays qui ajuste, qui teste, qui se trompe parfois, mais qui refuse l’immobilisme.
Au fond, la question n’est peut-être pas de savoir si le Maroc change. Il change.
La question est de savoir si nous changeons avec lui.
Votre chroniqueuse qui préfère les pays imparfaits en mouvement aux certitudes immobiles.




