
Par Reghai Yasmina
Il suffit parfois d’un battement d’ailes… quelque part entre le détroit d’Ormuz et nos cuisines.
Une frappe, un tanker bloqué, une route maritime sous tension… et voilà que, quelques semaines plus tard, à Agadir, Casablanca ou Beni Mellal, ce n’est pas la guerre qu’on voit ,c’est le ticket de caisse qu’on subit.
La guerre en Iran, déclenchée début 2026, n’a pas seulement déplacé des frontières ou des alliances. Elle a déplacé nos repères économiques. Le prix du baril a franchi des sommets, tiré vers le haut par les tensions sur une des routes énergétiques les plus stratégiques du monde. Et comme toujours, ce n’est pas le pétrole qui voyage seul… c’est toute la chaîne de la vie quotidienne qui suit.
Le gasoil augmente. Puis le transport. Puis tout. Et là, l’effet papillon devient concret.
Parce que le gasoil, ce n’est pas juste ce qu’on met dans un camion. C’est ce qui fait rouler les fruits et légumes du Souss jusqu’aux marchés. C’est ce qui alimente les machines agricoles. C’est même ce qui entre, indirectement, dans les engrais. Résultat : quand l’énergie flambe, l’assiette aussi.
Ce qu’on observe aujourd’hui, ce n’est pas une simple inflation… c’est une réaction en chaîne. Le prix du blé grimpe, celui de l’huile suit, le sucre s’emballe. Même les productions futures sont menacées à cause du coût des intrants et du transport.
Mais au Maroc, cette théorie prend un visage.
Celui du père de famille qui hésite devant la pompe.
Celui de la mère qui remplace des produits dans son panier.
Celui du chauffeur qui travaille plus… pour gagner moins.
C’est ça, le vrai drame de l’effet papillon : il ne prévient pas. Il ne frappe pas là où il naît, mais là où ça fait le plus mal.
Une guerre là-bas…
Un plein plus cher ici.
Un oignon qui devient un luxe.
Et soudain, la géopolitique entre dans nos cuisines sans demander la permission.
Alors on s’adapte. On réduit. On calcule. On renonce parfois.
Mais au fond, une question persiste :
jusqu’à quand les ailes d’un conflit lointain continueront-elles à battre au-dessus de nos vies ?
Parce qu’aujourd’hui, au Maroc, ce ne sont pas les bombes qu’on entend…
c’est le silence des portefeuilles qui se vident.
Votre chroniqueuse, celle qui observe les battements du monde… jusque dans nos assiettes.





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