
Afrique/Finances : Les caisses de dépôts perçues comme instruments de souveraineté économique
Les responsables des caisses de dépôts du continent ont souligné, le 27 Mai à Brazzaville, l’importance de ces institutions publiques dans la centralisation et la mobilisation de l’épargne nationale vers des projets de développement.
«Un pays qui dépend encore des financements extérieurs pour investir conditionne son développement aux agendas extérieurs. La caisse de dépôts est le socle d’un financement souverain», a déclaré la directrice générale adjointe de la caisse de dépôts et de consignations (Cdc) du Gabon, Mme Angélique Nzang Nzoghe épouse Buka Bouka, à l’occasion du forum des caisses des dépôts.
Dans un contexte de dispersion de l’épargne africaine, ces institutions contribuent à la collecte, la sécurisation et l’orientation de l’épargne publique vers l’investissement, en complément aux banques commerciales et aux marchés financiers.
« La caisse des dépôts finance les chantiers lourds que le marché ne finance pas. Elle investit dans les zones économiques spéciales, dans les études des projets de partenariats public-privés », a fait savoir le directeur de contrôle et de gestion financière de la Cdc de Tunisie, M. Marouane Sabkhi.
Ces caisses collectent l’épargne publique jugée stable, de longue durée et prévisible, a-t-on noté. Il s’agit notamment des fonds de reconstitution juridique, des consignations judiciaires, des dépôts administratifs, des fonds des professions juridiques et de l’épargne réglementée.
Parlant des défis à relever, les responsables de ces institutions publiques ont souligné la nécessité d’une mobilisation de l’épargne de la diaspora, la réglementation de l’épargne informelle telle que les « tontines africaines » et le rallongement de la maturité des épargnes.
« En Afrique, on parle beaucoup plus de la diaspora politique et nous aujourd’hui nous pensons qu’on peut la transformer en diaspora économique. Aujourd’hui la diaspora peut investir dans les pays africains, comme on le voit au Maroc où il y a une grande diaspora qui contribue au développement de l’activité économique », a souligné Mme Nzang.
Par ailleurs, ces caisses restent confrontées à des risques macroéconomiques tels que l’inflation ainsi qu’au manque de confiance de la part des épargnants, au manque de visibilité et de digitalisation, ont indiqué ces dirigeants.
Tenu en marge des assemblées annuelles de la Banque africaine de développement (Bad), ce forum a été axé sur le rôle des investissements institutionnels dans la nouvelle architecture financière africaine. Celui-ci a connu la participation des dirigeants des caisses des dépôts nigérienne, marocaine, tunisienne et gabonaise.




