
Par Reghai Yasmina
Il y a des absences qui coûtent cher. Pas nécessairement à celui qui brille par son absence, mais à celui qui attend devant une porte fermée.
La récente sortie du ministre de la Justice, Abdellatif Ouahbi, sur l’absentéisme de certains fonctionnaires des tribunaux marocains a le mérite de remettre une question essentielle sur la table : peut-on exiger du citoyen le respect de ses obligations lorsque certains services publics semblent oublier les leurs ?
Contrôles inopinés, sanctions disciplinaires, révocations éventuelles… Le ministre entend manifestement mettre fin à certaines pratiques. Et il était temps que le sujet soit pris au sérieux.
Car derrière chaque absence injustifiée, il y a un citoyen qui attend, un dossier qui stagne, une procédure qui se complique et parfois une personne qui perd une journée entière pour obtenir ce qui devrait relever d’une simple formalité.
Mais attention, sanctionner ne suffit pas. Tous les fonctionnaires ne sont pas des absentéistes, et tous les dysfonctionnements ne sont pas imputables à ceux qui travaillent. Les sous-effectifs, la surcharge et les défaillances organisationnelles doivent également être pris en considération.
Un tribunal n’est pas un bureau comme un autre. C’est un lieu où se jouent des droits, des attentes et parfois des destins. L’absence de celui qui doit assurer le service n’est jamais anodine.
Au fond, le citoyen ne demande pas un privilège. Il demande simplement que l’administration soit présente lorsqu’elle est censée l’être.
Car dans un pays où l’on demande constamment aux citoyens d’être à l’heure, il serait peut-être temps que le service public apprenne, lui aussi, à respecter ses rendez-vous.




