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CAN: une compétition continentale riche en évènements historiques (3ème partie)

Une lecture dans l’historique de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) de football, dont la 33è édition débute le 09 janvier au Cameroun, permet de relever comment cette cette grand-messe du football africain a gagné, au fil des éditions, en spectacle et en notoriété, séduisant de plus en plus les mordus du ballon rond et s’imposant comme l’un des plus prestigieux rendez-vous footballistiques au monde.

Créée en 1956, trois ans avant la Coupe d’Europe des Nations, la CAN est la deuxième plus vieille compétition continentale après la Copa America dont la première édition date de 1916.

– Le triplé pour le Cameroun (2000).

La victoire de la sélection camerounaise face aux « Super Eagles » devant 60.000 spectateurs a entraîné une grosse déception chez les Nigérians qui ont vu filer l’occasion de fêter le sacre.

Les millions d’inconditionnels de la sélection nigériane assistaient, alors, à la troisième défaite en finale de leur équipe devant le Cameroun, après celles de 1984 à Abidjan et de 1988 à Casablanca. La finale remportée par les Camerounais sur le score de 4 tirs au but à 3, au terme d’un nul (2-2) en temps réglementaire et prolongations, a été palpitante eu égard au potentiel des deux équipes qui ont fourni un beau football.

Avec ce nouveau titre, le Cameroun inscrit son nom pour la troisième fois sur le registre africain, conservant, par là même, définitivement le trophée.

La CAN-2000, organisée conjointement par le Ghana et le Nigeria, a été considérée comme étant celle de l’émergence des stars et de la maturité technique des joueurs africains.

– Quatrième titre pour le Cameroun (2002).

L’édition de Bamako peut être considérée comme un tournant pour le football africain, avec l’excellente carte rendue par les joueurs camerounais et sénégalais, propulsés au rang de stars lors du Mondial Corée-Japon. Les Camerounais ont dominé cette édition en remportant les trois matches du premier tour face à la RD Congo (1-0), la Côte d’Ivoire (1-0) et le Togo (3-0).

En quart de finale, les Camerounais ont sorti les Égyptiens (1-0), puis la sélection du pays hôte, le Mali (3-0), en demi-finale.

En finale face au Sénégal, le Cameroun a confirmé son statut de leader incontestable de la décennie. Face à une coriace équipe sénégalaise, les Lions indomptables n’ont eu leur salut qu’aux tirs au but 3-2 (0-0 au terme de 120 minutes de jeu).

Au tableau des équipes ayant raté le coche, figure le onze marocain qui n’a pas réussi à franchir le cap du 1er tour, comme lors de l’édition précédente, après son nul face au Ghana (0-0), sa victoire sur le Burkina Faso (2-1) et sa défaite devant l’Afrique du sud (3-1).

– Aigles de Carthage au sommet, Lions de l’Atlas ressuscités (2004).

La prestation de l’équipe marocaine lors de la CAN-2004 en Tunisie a redonné confiance à tous ses fans. Mais la Tunisie a raflé la mise grâce à un grand sens de réalisme.

Les Lions de l’Atlas ont reconquis la place de choix qui leur échoit au niveau continental. Sous la houlette de Baddou Zaki, ils ont présenté un football attrayant, en dépit des doutes exprimés au début de l’épreuve sur leur capacité à réaliser un bon résultat.

Après un premier tour irréprochable, ils ont dominé l’Algérie en quarts de finale (3-1) et le Mali en demi-finale (4-0).

En finale, ils ont buté sur une équipe tunisienne survoltée devant son public. Les Aigles de Carthage, qui avaient perdu deux finales face au Ghana (1965 à Tunis) et l’Afrique du sud (Johannesburg 1996), ont réussi cette fois-ci à décrocher le trophée sur le score de 2-1.

Fêtés en héros à leur retour, les hommes de Zaki ont certes perdu le trophée, mais ils ont gagné en estime au sein du gotha du football africain.

-Et de cinq pour les « Pharaons » (2006) Les Egyptiens, en remportant sur leur sol la CAN-2006, ont fait d’une pierre deux coups: signer un nouveau record de victoires en CAN avec cinq titres et organiser une des éditions les plus spectaculaires et les plus relevées. La finale, qui a opposé les équipes égyptienne et ivoirienne, ne s’est décidée que lors de la séance des tirs au but, les 120 minutes de la partie s’étant soldées sur le nul blanc (0-0).

Drogba et les siens se sont finalement inclinés 4-2, à la grande joie des milliers de supporters du stade du Caire, totalement acquis à la cause des Pharaons.

-2008: Les Pharaons encore et toujours, Eto’o nouveau « goleador » de la CAN La tournure prise par les événements était loin de satisfaire les coéquipiers d’Eto’o, peu convaincants malgré leur parcours réussi et cette finale tant attendue.

Les mordus du ballon rond africain retiendront une seule image très significative: Rigobert Song, leader vieillissant de la défense camerounaise, hésite à se débarrasser de la balle pendant quelques secondes, un laps de temps fatal puisque le jeune Mohamed Zidane, entré en cours de jeu, la lui a chipée dans les pieds avant de mettre Abou Trika sur orbite pour crucifier Kameni (78è).

Les « Pharaons » consolident ainsi leur place d’équipe la plus titrée en CAN en ajoutant un sixième titre à leur palmarès (1957, 1959, 1986, 1998, 2006, 2008) et privent, au passage, le Cameroun, qui détient quatre trophées (1984, 1988, 2000, 2002), d’égaler leur record.

Cette édition entrera dans les annales de la CAN comme étant la plus prolifique, avec 99 buts, soit une moyenne de 3,09 buts par match.

-2010: L’Angola désignée pays hôte, les Pharaons sacrés pour la 7è fois L’Angola a rejoint les pays organisateurs de la CAN en accueillant les finales de la 27è édition, début 2010, et son équipe a essayé de remporter le titre sous la houlette du Portugais Manuel José, qui a signé plusieurs exploits historiques avec Al-Ahly d’Egypte.

La sélection angolaise a été éliminée en quarts de finale après la défaite devant le Ghana qui a atteint la finale.

Quant à la sélection égyptienne, elle a réussi à faire oublier sa défaite en éliminatoires du Mondial-2010 en décrochant le titre africain, à l’instar de l’édition 2006.

Les Pharaons ont entamé la défense de leur titre par une précieuse victoire sur le Nigeria 3-1 dans un match au sommet avant l’heure, avant de battre le Mozambique (2-0) et le Bénin sur le même score.

Ces mêmes Pharaons ont poursuivi leur maestria aux tours suivants et se sont imposés tour à tour face aux Lions du Cameroun (3-1) en temps additionnel en quarts de finale puis, en demi-finale, sur l’Algérie (4-0) qui leur avait barré le chemin du Mondial.

Les Egyptiens ont profité de leur grande expérience pour vaincre la jeune sélection ghanéenne en finale par 1 but à 0, oeuvre de Mohamed Naji Jedou, sacré meilleur buteur de la compétition avec 5 réalisations, alors que son coéquipier et capitaine Ahmed Hassan a remporté le titre de meilleur joueur de l’édition.

-2012: victoire de la Zambie à la surprise générale La Zambie a créé la surprise en remportant la 28ème édition de la CAN après avoir éliminé trois sérieux prétendants au sacre à savoir le Sénégal (2-1/1ère journée), le Ghana (1-0/quarts de finale) et la Côte d’Ivoire (8-7 t.a.b/finale).

Il s’agit de la 4ème finale où le titre s’est joué aux tirs au but après celles de 1986 au Caire entre la Côte d’Ivoire et l’Egypte (5-4), de 1992 à Dakar entre la Côte d’Ivoire et le Ghana (11-10), et de 2006 en Egypte entre le pays hôte et la Côte d’Ivoire (4-2).

Les Chipolopolo ont réussi ainsi à décrocher leur premier titre après avoir perdu les finales de 1974 face à l’ex-Zaïre (RC Congo actuellement) et de 1994 face au Nigeria.

En revanche, la Côte d’Ivoire a échoué à soulever son deuxième titre dans sa 3ème finale après celles de 1992 au Sénégal face au Ghana (11-12 tab) et 2006 face à l’Egypte (2-4).

La Côte d’Ivoire a été éliminée en demi-finale de la CAN-2008 par l’Egypte (4-1) et en quarts de finale de la CAN-2010 par Algérie (2-3) après prolongation.

-2013: le Nigeria sur le toit de l’Afrique Ultra-favori de la CAN après sa victoire sur la Côte d’Ivoire en quart de finale, le Nigeria a tenu son rang à Johannesbourg (Afrique du Sud). Grâce à un but de Mba à la 40e minute, les « Super Eagles » sont venus à bout, en finale, de l’équipe surprise de la compétition: le Burkina-Faso. Tout au long de la rencontre, les Nigérians ont parfaitement négocié et repoussé les assauts désordonnés de leurs adversaires. Ils s’offrent ainsi leur troisième CAN, 19 ans après leur dernier trophée.

Aussitôt après le coup de sifflet final, la liesse a envahi le pays le plus peuplé d’Afrique, avec 170 millions d’habitants. Des dizaines de milliers de personnes sont sorties dans les rues de Lagos et d’Abuja (capitale du pays) pour célébrer cette victoire historique.

-Stephen Keshi, un entraîneur « local » aux qualités indéniables Ce troisième sacre du Nigeria à la CAN est en partie l’œuvre du sélectionneur Stephen Keshi, décrié dans son propre pays pour avoir notamment privé de compétition Taiwo, Odemwingie ou Martins. Keshi, qui a su transformer en un peu plus d’un an une équipe inexpérimentée en une redoutable machine à gagner. Ainsi, Keshi, membre de la glorieuse équipe nigériane de 1994, a rejoint dans les annales du football continental l’Egyptien Mahmoud El Gohary, jusqu’ici le seul à avoir soulevé le trophée en tant que joueur et entraîneur. Stephen Keshi, qui s’était élevé pendant la compétition contre le manque de considération à l’égard des entraîneurs africains, a prouvé qu’il avait sa place sur le banc de l’une des meilleures nations de football du continent.

Timides en phase de poules, les joueurs nigérians sont apparus comme constituant une équipe de plus en plus forte au fil du tournoi. En attaque, les jeunes Emenike (25 ans) et Victor Moses (22 ans) ont crevé l’écran. Le premier termine en tête du classement des buteurs à égalité avec le Ghanéen Wakaso (4 buts), tandis que le second s’est montré décisif lors de deux rencontres cruciales, face à l’Ethiopie au 1er tour (2-0) et contre le Mali en demi-finale (4-1).

De son côté, le Burkina, qui avait joué deux prolongations en quart (1-0 a.p. contre le Togo) et en demi-finale (1-1 a.p., 3-2 t.a.b. face au Ghana), a semblé fatigué. Les « Etalons » se sont montrés beaucoup moins entreprenants que lors des rencontres précédentes. Pitroipa, un temps disqualifié pour la finale et finalement autorisé à jouer, n’a pas su saisir cette opportunité, se montrant lui aussi transparent. Une demi-déception toutefois pour l’équipe du Burkina-Faso qui n’avait encore jamais réussi à atteindre la finale de la CAN et qui malgré la défaite, peut être fière de son parcours exceptionnel.

-2015: consécration de la Côte d’Ivoire entrainée par Hervé Renard Après une interminable séance de tirs au but, la Côte d’Ivoire s’est imposée face au Ghana en finale de la 30e édition de la CAN. Lors de ce remake de la finale de 1992, les Eléphants ont dû attendre que leur gardien, Copa Barry, ne transforme son tir au but pour offrir aux hommes d’Hervé Renard le second titre continental de leur histoire.

En 1992, le Ghana avait échoué en finale face à la Côte d’Ivoire. Il avait déjà fallu départager les deux équipes aux tirs au but, les Eléphants démontrant alors plus de sang froid (10-9 aux t.a.b.). Une fois encore, ils ont su profiter de la situation pour conquérir un titre qui semblait pourtant tendre les bras à leurs adversaires du soir.

– Les Lions indomptables s’offrent un 5è titre, sur les terres gabonaises (2017) Au terme d’une finale très serrée entre le Cameroun et l’Egypte, les Lions indomptables ont remporté leur cinquième titre de champion d’Afrique sur le score de 2 buts à 0, détrônant les Pharaons qui visaient une 8è consécration.

Cette rencontre représentait la troisième finale opposant les deux équipes après celle de 1986 où les tirs aux buts ont avantagé les Lions indomptables aux dépens des Pharaons, qui ont pris leur revanche lors de l’édition 2008 grâce à un but de Mohamed Aboutrika à 13 minutes de la fin du match.

Ce fut un exploit remarquable, celui réalisé par la sélection camerounaise qui, privée de sept de ses joueurs les plus en vue des championnats européens (notamment le défenseur de Liverpool Joël Matip) qui ont refusé de participer à la CAN pour conserver leurs places de titulaires dans leurs clubs respectifs.

– 2019: L’Égypte relève le défi de l’organisation, échoue dans la consécration L’Égypte a organisé l’une des éditions de la CAN les plus prolifiques avec la participation de 24 sélections, réparties en six groupes, une première dans l’histoire de la compétition.

Les amoureux du ballon rond africain ont été témoins d’une sortie prématurée du pays organisateur, dès les huitièmes de finale face à l’Afrique du Sud.

Les Pharaons, sextuples vainqueurs du trophée, caressaient le rêve d’ajouter une huitième étoile à leur palmarès.

Les Lions de l’Atlas ont, eux aussi, été éliminés dès les huitièmes, en s’inclinant face au Bénin, une équipe qui n’a jamais remporté jusqu’ici un match en phase finale de la CAN.

– 2022: Le Sénégal enfin! La sélection sénégalaise a décroché le titre pour la première fois de son histoire en battant aux tirs au but (4-2) l’équipe égyptienne, après un résultat nul blanc durant les 120 minutes de jeu.

Ce sacre intervient après deux finales perdues en 2002 et 2019, face au Cameroun et l’Algérie. Les Egyptiens, eux, avaient perdu leur deuxième finale de suite, après celle de 2017 face au Cameroun

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