
Par Reghai Yasmina
Au Maroc, le diplôme est sacré.
On le cadre, on le photographie, on l’accroche presque au mur du salon.
Puis on découvre, un peu tard, qu’il ne garantit ni emploi, ni reconnaissance, ni même cohérence.
On a pourtant tout bien fait.
Étudier, accumuler les mentions, avaler des PowerPoint, apprendre à répondre “selon le cours”. Résultat : des diplômés propres, polis, théoriquement compétents… et souvent perdus dès qu’il faut réfléchir hors du cadre.
Le problème n’est pas le niveau.
Le problème, c’est le décalage.
On forme encore comme si le monde du travail n’avait pas changé. Comme si savoir réciter valait savoir décider. Comme si l’erreur était une faute et non un apprentissage. Puis on s’étonne que les entreprises parlent de “manque de profils adaptés”.
Adaptés à quoi, exactement ?
À un système qui valorise le titre plus que la compétence, l’obéissance plus que l’initiative, le diplôme plus que la pensée critique ?

Pendant ce temps, certains sans “beaux parchemins” apprennent sur le terrain, se forment seuls, développent des vraies compétences. Ils avancent. Discrètement. Sans slogan.
Le diplôme marocain n’est pas inutile. Il est juste surévalué… et mal accompagné.
Ce qu’on ne dit pas assez, c’est qu’un diplôme sans méthode, sans soft skills, sans capacité à douter et à s’adapter, devient un papier rassurant mais fragile. Très fragile.
Peut-être qu’il est temps d’arrêter de demander aux jeunes “tu as quoi comme diplôme ?”
Et de commencer par : tu sais faire quoi, vraiment ?
Votre chroniqueuse qui pose la question que tout le monde évite.




