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“Victoire validée et fête annoncée: le Maroc entre verdict et croissant”

Par Reghai Yasmina

Il y a des jours où le Maroc semble recevoir ses nouvelles comme on reçoit des signes : sans prévenir, mais avec une portée qui dépasse largement l’instant.

Cette semaine, deux annonces. Deux registres. Deux manières de faire battre un pays.

D’abord, la Cour d’appel de la CAF qui tranche : le Maroc est déclaré grand vainqueur. Une victoire sans stade, sans prolongation, sans cette tension électrique qui fait vibrer les tribunes. Ici, pas de ballon qui frôle la ligne, mais des arguments, des dossiers, des décisions.

Une victoire au calme. Presque en silence.

Puis, presque dans le même souffle, une autre annonce s’invite dans les conversations : l’Aïd al-Fitr est fixé.

Et là, tout change.

On quitte les décisions officielles pour entrer dans une attente douce, familière, presque intime. Le croissant de lune devient plus scruté que n’importe quel verdict. Les cuisines s’activent, les messages s’échangent, les cœurs s’allègent.

Parce que l’Aïd, lui, ne se décrète pas seulement. Il se ressent.

C’est la fin d’un mois suspendu. La récompense d’une discipline silencieuse. Un moment où le collectif reprend ses droits, mais avec tendresse, avec chaleur, avec cette joie discrète qui n’a pas besoin de validation institutionnelle.

Yasmina Reghai
Et le contraste est là, magnifique.

D’un côté, une victoire validée par des instances. De l’autre, une fête annoncée par le ciel.

Entre les deux, le Maroc navigue avec une aisance presque poétique. Il accepte le verdict… et il guette le croissant. Il s’inscrit dans des décisions… mais reste profondément attaché à ses rituels.

C’est peut-être ça, au fond, sa vraie force.

Être capable de célébrer une reconnaissance officielle sans perdre le goût des traditions. De comprendre les règles du jeu moderne… tout en levant les yeux vers la lune.

Alors oui, cette semaine, le Maroc a gagné.

Mais pas seulement un titre.

Il a, encore une fois, trouvé l’équilibre entre ce qui se décide… et ce qui se célèbre.

Votre chroniqueuse, entre deux vérités

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