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# DimaMaghrib… mais diro niya

Par Reghai Yasmina

Il y a des soirs où le football marocain ressemble à une grande réunion de famille : beaucoup d’attentes, un plat principal qui tarde à convaincre, et à la fin, quelqu’un qui s’excuse.

Cette fois, c’est Walid Regragui qui a pris la parole. Calmement. Posément. Sur son compte sur la plate-forme « X ». Pour dire pardon aux supporters après un match décevant face au Mali. Et pour promettre mieux. Encore.

Sur les réseaux, un hashtag a refait surface comme une incantation nationale : #DimaMaghrib.
Toujours là. Inébranlable. Affectif.

Mais à force de le répéter, on oublie parfois d’y ajouter une condition essentielle : diro niya.

Parce que soutenir, ce n’est pas applaudir les yeux fermés.
C’est aimer assez pour exiger. Espérer assez pour questionner.


Walid Regragui s’est excusé. C’est rare. Presque courageux à une époque où l’échec se maquille en “processus” et où la responsabilité se dilue dans le collectif. Il a parlé de déception, de travail, et surtout de promesse : mieux jouer et remporter la CAN 2025.

La promesse… voilà le mot-clé.
Au Maroc, on en a une relation particulière. On y croit fort. Très fort. Parfois trop.

Depuis le Mondial, l’équipe nationale vit dans l’ombre de son propre exploit. Chaque match est comparé à une légende récente, chaque faux pas devient une trahison émotionnelle. Le public veut du jeu, du panache, de la cohérence. Pas seulement des résultats. Pas seulement des discours.

Et pourtant, au lieu de l’insulte facile, beaucoup ont répondu par un mélange de patience et d’exigence. Comme si le supporter marocain avait grandi. Comme s’il disait :
On est avec toi, coach. Mais on regarde. Et on attend.

#DimaMaghrib, oui.
Mais pas en mode automatique.
Pas en mode slogan creux.

Yasmina Reghai
Yasmina Reghai
Diro niya, ça veut dire jouer avec sincérité, lire le terrain avec humilité, respecter l’intelligence du public. Ça veut dire arrêter de promettre des trophées comme on promet le beau temps, et commencer par promettre du jeu juste, lisible, engagé.

La CAN 2025 ne se gagnera pas sur Instagram.
Elle se gagnera dans les choix, les ajustements, le courage tactique… et cette capacité rare à transformer l’amour d’un peuple en responsabilité, pas en pression paralysante.

Alors oui, on restera là.
On criera. On doutera. On espérera encore.
Parce que c’est aussi ça, être marocain.

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