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Quand le Maroc tutoie les étoiles!

Par Reghai Yasmina

Il fut un temps où le supporter marocain regardait les grandes nations du football avec un mélange d’admiration et de frustration. Nous étions les éternels outsiders, capables d’exploits retentissants mais aussi de désillusions cruelles. Nous rêvions d’appartenir au cercle fermé des grandes nations sans vraiment oser l’affirmer. Comme si l’ambition, lorsqu’elle est marocaine, devait toujours s’excuser d’exister.

Et puis, les Lions de l’Atlas ont changé le récit.

En atteignant la sixième place mondiale au classement FIFA en ce mois de juin 2026 – un rang historique jamais atteint auparavant –, le Maroc ne signe pas seulement une performance sportive. Il consacre une métamorphose. Une révolution silencieuse qui a commencé bien avant les projecteurs du Mondial qatari de 2022.

Car non, ce n’est plus un miracle. Un miracle est, par définition, exceptionnel. Or, lorsque les résultats se répètent, lorsque les performances s’enchaînent, lorsque l’on rivalise sans complexe avec les géants du football mondial, il faut appeler les choses par leur nom : le Maroc est devenu une grande nation de football.

Certes, un classement reste un classement. Il fluctue au gré des victoires, des défaites et des calculs parfois aussi obscurs qu’une déclaration d’impôts. Demain, le Maroc sera peut-être cinquième, peut-être septième. Peu importe, finalement. L’essentiel est ailleurs : les Lions ne surprennent plus, ils confirment.

Cette sixième place raconte surtout l’histoire d’une vision. Celle d’un pays qui a investi dans la formation, structuré ses infrastructures, professionnalisé son encadrement et compris qu’un projet sportif se construit sur des années, loin des emballements médiatiques et des impatiences populaires.

Mais cette nouvelle stature apporte aussi son lot de responsabilités. Le plus difficile n’est pas d’atteindre les sommets ; c’est d’y demeurer. Les grandes nations ne se distinguent pas seulement par leurs trophées, mais par leur capacité à transformer l’excellence en habitude.

Yasmina Reghai
Yasmina Reghai
Et c’est peut-être là que réside la plus grande victoire marocaine : avoir réconcilié un peuple avec l’ambition. Désormais, lorsqu’un enfant enfile le maillot rouge frappé de l’étoile verte, il ne rêve plus seulement de participer. Il rêve de gagner. Nuance immense.

Le football a ceci de fascinant qu’il agit souvent comme un miroir des sociétés. Longtemps, nous avons cultivé le complexe du « presque », du « si seulement », du « on n’est pas loin ». Aujourd’hui, le Maroc regarde les plus grands droit dans les yeux. Sans arrogance, mais sans complexe non plus.

Les Lions de l’Atlas ne frappent plus à la porte du club des grands. Ils y ont déjà pris place.

Et, au fond, la véritable question n’est plus de savoir si le Maroc mérite sa sixième place mondiale.

La vraie question est : jusqu’où ira-t-il ?

Votre chroniqueuse qui pense que les Lions n’ont pas fini de rugir.

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