ÉconomieOpinion

Le banquet fermé du manager marocain.

Par Reghai Yasmina

Dans notre pays , dans certaines entreprises comme dans certaines administrations, il existe un phénomène silencieux mais puissant : le manager insécure.

Pas celui qui crie ou impose son autorité. Non. Celui qui agit dans l’ombre, qui contrôle, qui jalouse, et qui ne célèbre jamais les réussites de ses collaborateurs.

Dans ce bureau marocain typique, on pourrait presque voir le tableau : quelques “élus” à la table d’honneur, invités à goûter les fruits de la reconnaissance, tandis que les autres restent debout, applaudissant de loin, invisibles mais indispensables.
On crée des règles absurdes, des conditions floues, des concours de loyauté où l’on se mesure moins à ses compétences qu’à sa capacité à rester discret et soumis.

Cette insécurité n’est pas innocente : elle naît de la conscience qu’au-delà du titre et des réseaux, le manager ne pèse pas grand-chose. Alors il verrouille, fragilise, manipule. Les talents ne sont pas développés, ils sont contenus. L’autonomie est perçue comme une menace, la dépendance comme un garde-fou.

Yasmina REGHAI
Yasmina REGHAI
Pourtant, les leaders qui font progresser nos entreprises marocaines et dans le monde entier savent qu’il existe trois piliers de performance durable : reconnaissance, clarté des rôles et sécurité psychologique. Ils savent que la vraie autorité ne vient pas d’un titre ou d’amitiés stratégiques, mais de la capacité à faire grandir ceux qui nous entourent.

Et moi, votre chroniqueuse qui observe de près ce théâtre quotidien, je ne peux m’empêcher de penser : combien de talents restent dans l’ombre, combien d’initiatives ne voient jamais le jour, combien de banquets privés se tiennent pendant que le reste du pays applaudit dans le vide ?

Le vrai leadership, au Maroc comme ailleurs, n’est pas celui qui exclut. Il est celui qui ouvre la table. Celui qui élève plutôt qu’il ne retient.

Alors à tous les opprimés, les incompris cette chronique est pour vous.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page