
Par Reghai Yasmina
Il y a des semaines où le Maroc ne parle pas d’une seule voix.
Il murmure… et il s’expose.
À Marrakech, les écrans s’illuminent, les mots fusent, les promesses s’emballent.
On y croise des intelligences artificielles qui apprennent plus vite que nous, des startups qui rêvent plus grand que nos frontières, et un futur qui semble, pour une fois, à portée de clic.
Bienvenue à GITEX Africa Morocco 2026, ce grand théâtre où le Maroc se raconte en version 5.0.
Pendant ce temps-là, ailleurs…
le pays parle moins fort, mais pèse plus lourd.
Au sujet du Sahara marocain, il n’y a ni projecteurs, ni slogans futuristes. Juste des mots mesurés, des discussions lentes,
et cette constance presque silencieuse d’un combat qui ne cherche pas à séduire… mais à tenir.
Deux scènes.
Un même pays.
D’un côté, on code l’avenir.
De l’autre, on sécurise le présent.
Et entre les deux ?
Le Marocain.
Celui qui regarde ces grandes messes technologiques avec une fierté sincère,
mais qui, en sortant, vérifie le prix du carburant.
Celui qui entend parler d’innovation,
mais qui négocie encore son quotidien à coups de sacrifices invisibles.
On nous dit que le Maroc avance.
Et c’est vrai.
Mais il avance comme on marche sur un fil : avec élégance… et prudence.
Il compose.
Il équilibre.
Il jongle entre ce qu’il montre au monde et ce qu’il protège en silence.
Et peut-être que la vraie question n’est pas de savoir si le Maroc est en train de réussir sa transformation.
Mais plutôt : à quelle vitesse le Marocain, lui, arrive à suivre.
Votre chroniqueuse,
qui capte le signal… même quand il passe en mode discret.




