
Par Reghai Yasmina
Ils sont jeunes, brillants… ou du moins, brillants sur le papier. Diplômés depuis quelques mois à peine, ils arborent déjà un palmarès qui ferait pâlir certains vétérans : une trentaine d’articles à leur actif, dont un ou deux où ils apparaissent comme auteurs principaux, le reste étant des collaborations où leur nom se partage comme un ticket de loterie.
À première vue, c’est impressionnant. À y regarder de plus près, on pourrait se demander si ce n’est pas… trop beau pour être vrai. Car derrière ces listes interminables d’articles se cache une mécanique bien rodée : un partage des contributions qui maximise les points sur le CV, et, in fine, la possibilité d’accéder au graal ultime du chercheur débutant : un poste dans une université publique.
Injustice ? Triche ? Ou simplement l’exploitation d’un système conçu pour récompenser la productivité et la visibilité, parfois au détriment de l’éthique académique ? La frontière est floue. Le mérite scientifique devrait-il se mesurer au nombre d’articles, ou à la profondeur et à l’impact réel des travaux ?
Ce phénomène pose une question essentielle : qu’est-ce que nous valorisons vraiment dans le monde universitaire ? La quantité ou la qualité ? Et surtout, comment ne pas décourager ceux qui préfèrent creuser leurs sujets avec patience plutôt que de courir après les points CV ?
Entre ambition, stratégie et parfois dérive, ces jeunes chercheurs illustrent une réalité qui dérange : dans certaines universités, le jeu des points et des collaborations peut devenir plus déterminant que le talent lui-même. Et pour le reste du monde académique, c’est un rappel brutal : le chemin vers le succès n’est pas toujours celui de l’excellence scientifique, mais parfois celui de la… stratégie bien calculée.
Votre chroniqueuse entre rigueur et ironie, dans les coulisses de la recherche.




