
Par Reghai Yasmina
Il est minuit. Les feux d’artifice explosent, les filtres Instagram aussi.
2026 arrive maquillée, bien cadrée, légèrement retouchée. Comme tout le monde.
On a souhaité la santé en story, la paix en commentaire, la réussite en message vocal de 12 secondes. Tout est allé très vite. Trop vite pour réfléchir, juste assez pour faire semblant d’y croire.
Les médias ont parlé de renouveau, de nouveau départ, de nouvelle ère. Ils le font chaque année. Par habitude. Ou par manque d’imagination.
2026 commence donc sous le signe de la continuité déguisée.
Même fatigue collective,️.
Même indignations programmées.
Même débats recyclés, remis en circulation avec un nouveau hashtag.
On s’indigne le matin, on oublie le soir.
On s’offusque à 10h, on scrolle à 10h02.
La colère est devenue éphémère, comme les tendances.
Ils savent tout, surtout après coup.
Ils analysent la société depuis leurs plateaux climatisés, pendant que le réel transpire dehors.
Chacun a une vérité, une opinion, une certitude. Rarement un doute.
Côté société, on continue d’exiger des citoyens exemplaires dans des systèmes bancals.
D’encourager la résilience là où il faudrait du respect.
De prôner le mérite quand les règles du jeu ne sont pas les mêmes pour tous.
2026 nous promet plus de communication, moins de dialogue.
Plus de contenus, moins de sens.
Plus de bruit, moins d’écoute.
Et pourtant.
Malgré tout.
On est encore là.
Fatigués, mais lucides.
Ironiques, mais debout.
Moins naïfs, mais toujours capables d’aimer, de créer, de croire un peu — juste ce qu’il faut pour tenir.
Alors bonne année 2026.
Sans slogans.
Sans filtres.
Sans discours prémâchés.
Bonne année à celles et ceux qui doutent, qui questionnent, qui refusent d’avaler tout rond.
Votre chroniqueuse qui observe, qui sourit de travers,
et qui vous souhaite surtout une année avec moins de mensonges…
et un peu plus de courage.




