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Virus Ebola: Un Maroc vigilant, mais pas inquiet. Pourqoui?

Dr Tayeb Hamdi. Médecin, chercheur en politiques et systèmes de santé.

Frontières, Isolement, détection : la barrière épidémiologique pour contrer le virus et l’angle mort médical (ni vaccin, ni traitement à ce jour) de la souche Bundibugyo. Nous ne sommes pas face à un risque pandémique, mais devant une situation d’urgence nécessitant une coopération internationale pour maitriser la flambée rapidement et la cerner là où elle est. Au Maroc des mesures préventives renforcées par l’expérience et l’expertise du Maroc en la matière.

L’activation par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) du statut d’Urgence de santé publique de portée internationale (USPPI) s’explique par la confirmation que l’épidémie en RDC est liée à la souche Bundibugyo, une variante rare, hautement létale (jusqu’à 50 % de mortalité) et pour laquelle il n’existe actuellement aucun vaccin ni traitement spécifique approuvé, contrairement à la souche Zaïre qui était à l’origine des précédentes épidémies.

Un risque pour le Maroc ?

Le risque global d’introduction et de propagation communautaire au Maroc demeure faible, mais la vigilance reste de mise. En effet, le hub aérien de Casablanca assure les liaisons aériennes directes ou indirectes avec l’Afrique subsaharienne.
Facteur inquiétant : L’absence de vaccin pour cette souche spécifique est un angle mort sur le plan médical, qui signifie que la stratégie ne peut pas reposer sur le bouclier vaccinal, mais uniquement sur le s mesures dites non pharmaceutiques : le confinement précoce et strict. Le virus Ebola ne se transmet pas, heureusement, par voie aérienne mais par contact avec les liquides et les objets souillés des personnes malades ou des cadavres de ces derniers.

Quelles précautions particulières au Maroc (et aux autres) ?

La mise en place d’un barrage épidémiologique en amont : intercepter le virus aux frontières, car le risque d’épidémie interne est quasi nul si aucun cas importé ne franchit les mailles du filet aéroportuaire.

Le Ministère de la Santé et de la Protection Sociale, en coordination avec les autres départements gouvernementaux réactivera le Plan national de veille et de riposte basé sur trois principaux piliers :

1. Le renforcement de la surveillance au niveau des frontières (Aéroports, Ports, et terrestres)

Contrôle thermique : caméras thermiques aux points d’arrivée (notamment à l’aéroport Mohammed V de Casablanca)

Fiches sanitaires et traçage : Obligation pour les passagers en provenance des zones à risque de remplir une déclaration de santé, permettant de les localiser et de les suivre pendant les 21 jours durée d’incubation maximale.

2. vigilance du système de santé

Sensibilisation des professionnels de santé

Mobilisation des laboratoires de référence nationale pour être en mesure de réaliser des diagnostics PCR rapides en cas d’alerte, dans des conditions de haute sécurité biologique, en s’assurant de la sensibilité des tests disponibles vis-à-vis de cette souche spécifiquement pour éviter les résultats dits faux négatifs.

3. Les structures d’isolement dédiées

Unités de confinement : Préparation des chambres d’isolement (notamment à pression négative) dans les centres hospitaliers de référence désignés pour prendre en charge un éventuel cas suspect sans risque de contamination pour le personnel soignant ou les autres patients.

Au niveau des vols internationaux : Protocoles stricts de désinfection des appareils et d’isolement à bord en cas de suspicion durant un vol.

Le virus Ebla : données actualisés

Le virus : : un saut d’espèce

Les chauves-souris frugivores sont considérées comme le réservoir naturel du virus Ebola. Le cycle de transmission commence souvent par le contact d’animaux de la forêt (singes, antilopes, chimpanzés) avec des fruits ou des environnements contaminés par ces chauves-souris.
L’humain s’infecte ensuite par la manipulation ou la consommation de cette « viande de brousse », ou par contact direct avec les sécrétions d’animaux infectés. Une fois chez l’homme, le virus se propage par contact direct avec le sang, les liquides biologiques (salive, vomissures, urine) ou les tissus de personnes malades ou décédées. Plusieurs souches existent de ce virus dont trois sont responsables de maladies : souche Zaïre, souche Soudan, souche Bundibugyo. Contrairement à la souche Zaire, il n’existe aucn vaccin ni traitement pour les deux autres

Symptômes et incubation

La maladie se caractérise par une période d’incubation allant de 2 à 21 jours, en moyenne 5 à 10 jours. Durant cette phase, la personne n’est pas contagieuse. Les symptômes apparaissent brutalement :

Forte fièvre brutale, maux de tête, douleurs musculaires, Troubles digestifs sévères (vomissements, diarrhées).

Dans les stades avancés, des manifestations hémorragiques peuvent survenir ainsi des lésions cutanées rouges maculo papuleuses.

La souche actuelle identifiée est la Bundibugyo, une souche rare pour laquelle il n’existe pas encore de vaccin spécifique, contrairement à la souche Zaïre qui était à l’origine des precedentes flambées.

Historique et épidémies antérieures

Identifié pour la première fois en 1976 en RDC (ex-Zaïre) et au Soudan, le virus a causé plusieurs épidémies majeures. La plus dévastatrice reste celle de 2013-2016 en Afrique de l’Ouest, qui a souligné l’importance de la coopération internationale. L’alerte de l’OMS aujourd’hui signifie que le risque de propagation géographique est jugé élevé, nécessitant une réponse mondiale coordonnée.

Gravité : La zone touchée acttuellemnt est une zone frontaliere, instable (conflits armés) et abrite de nombreux travailleurs mobiles (mines), ce qui complique le traçage des contacts.

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